Lab-Delta

À propos de la Chatbot·tée

1. Présentation de l’outil

Bienvenue sur la page de la Chatbot·tée! Une agente conversationnelle en mode texte développée par le Lab-Delta. Vous l’aurez devinez, c’est le personnage du Chat botté qui a inspiré le nom de ce «chatbot» textuel! Un chatbot est un terme anglais qui désigne un robot (bot) conversationnel (chat). Sur cette page, cette chat(ro)bot use de la ruse pour sensibiliser, mobiliser et inciter à la résistance numérique! D’ailleurs, la Chatbot·tée est bien chaussée ! L’avez-vous vu ? Elle porte des sabots ! Cette chaussure faite d’une pièce de bois a d’ailleurs donné lieu au terme sabotage. Une image répandue de l’iconographie des luttes sociales montre un pied chaussé d’un sabot écrasant le serpent de l’exploitation, pour illustrer la force de frappe de la résistance des ouvrier·ères et des classes populaires.

Sabotage

Image: Solidarity, 7 April 1917

Cette référence est empruntée pour suggérer la résistance numérique. La Chatbot·tée s’adonne au ‘chabottage’ soit de ‘chatbotter’ à long terme le capitalisme de surveillance, de données et algorithmique pour faire échec à la force oligopolistique des géants du Web, à la surveillance étatique ainsi qu’à toutes les technologies reproduisant les structures et les pratiques inégalitaires et brimant les droits et la dignité des femmes, des personnes noires, autochtones et racisées, des groupes de population défavorisés, et des personnes migrantes et réfugiées. La Chatbot·tée vous accompagne par le biais du texte pour (ré)activer le combat social et la résistance numérique en proposant une technologie alternative. Mais, ne perdez pas de vue qu’aucun outil numérique ne pourra remplacer l’organisation d’action collective en présentiel. 

Les actions de la Chatbot·tée se déclinent en cinq ruses :

  • Sa première ruse est la sensibilisation: elle vous guide pour mieux connaître certaines alternatives qui existent au-delà des médias sociaux corporatifs pour changer nos usages;
  • Sa deuxième ruse est la mobilisation et l’action collective : elle vous incite à vous accaparer des technologies alternatives pour épauler les luttes de justice sociale en présentiel et en ligne;
  • Sa troisième ruse est d’utiliser les logiciels libres et de prôner les communs numériques : c’est-à-dire qu’en plus du code source libre, la communauté peut réutiliser la maquette du chatbot, le modifier et le copier en mode non commercial. 
  • Sa quatrième ruse est d’être ludique : les joies de l’action collective et de la découverte de nouvelles façons de faire et de penser sont à la base de cet outil. « Si je ne peux pas chatbot·ter avec elle, ce n’est pas ma révolution ! » , pour paraphraser Emma Goldman.
  • Sa cinquième ruse contribue à la réflexion selon laquelle notre libération et notre émancipation collective est de plus en plus liée aux questions technologiques. En conjonction avec les analyses critiques mises de l’avant par les mouvements sociaux progressistes de la gauche, une critique anticapitaliste, antisexiste et antiraciste des technologies numériques, leurs usages, modèles et infrastructures, a le potentiel de participer à constituer des espaces alternatifs de la technologie et enrichir les répertoires d’action collective militants.

2. Une technologie libre et alternative –  comment ça marche?

La Chatbot·tée n’utilise pas l’intelligence artificielle de type reconnaissance du langage naturel textuel. Il s’agit plutôt d’une agente conversationnelle à bouton qui donne lieu à quelques chemins de conversation pré-programmés. L’outil est donc limité au niveau de sa capacité conversationnelle.  Nous considérons la Chatbot·tée comme un nouveau média ou un média émergent même si ce type de système n’est pas récent. En effet, des chercheur·euses analysent ou développent des agents conversationnels depuis les années 1960.  

La tendance qui semble nouvelle par contre, est l’effervescence entourant les chatbots. Les entreprises (telles que Apple avec Siri et Amazon avec Alexa) et les gouvernements (vous avez clavardé avec Charlie récemment en faisant votre impôt fédéral canadien ?) déploient de plus en plus des chatbots textuels et vocaux.  Cela devrait susciter des préoccupations puisque les chatbots visent à automatiser les services de gouvernements et d’entreprises et rendre ceux-ci plus hermétiques tout en collectant plus de données sur les usager·ères et leur utilisation. C’est ce contexte qui a mené le Lab-Delta à expérimenter avec un chatbot conçu pour la société civile, afin d’explorer les manières par lesquelles les groupes militants et communautaires peuvent potentiellement s’en servir dans la poursuite de leurs finalités. Une des principales inspirations est le Betabot, un chatbot brésilien sur Messenger développé en 2017 par l’organisation Nossas Cidades (Nos Villes) afin de supporter les luttes pour la justice reproductive et d’empêcher une loi qui aurait criminalisé l’avortement. Au lieu d’un bot sur Messenger (propriété de Facebook), le choix s’est porté sur l’interface Web WordPress pour tendre davantage vers l’utilisation de technologies libres et alternatives. À ce titre, quelques groupes de recherche et d’action en Angleterre ont déjà commencé à utiliser cette façon de faire, comme par exemple le bot de la Ada Lovelace Institute (https://adabot.netlify.app/) et le bot du Feminist Internet (https://f-xa.co/).         

3. Fiche Technique

Pour les personnes intéressées nous décrivons ci-bas la manière avec laquelle la Chatbot·tée fait l’utilisation des technologies alternatives.

Logiciels libres : Les logiciels utilisés ou produits dans le cadre de ce projet sont des « logiciels libres ».  On entend par logiciel libre une éthique de code ouvert, d’autonomie relative vis-à-vis des géants du Web et de collaboration.  Ceci inclut le code source utilisé ou produit pour l’interaction avec le chatbot, le gestionnaire de contenu WordPress, le logiciel libre Matomo — une alternative à Google Analytics — et le Captcha, entre autres. Tous ces logiciels suivent les termes de la licence GNU General Public License (GPL, détails sur www.gnu.org/copyleft/gpl.html) ou de la license Affero General Public License (AGPL, détails sur www.affero.org/oagpl.html). Ces licences donnent la liberté d’utiliser les logiciels sans restriction, d’accéder à leur code source, de les modifier et de les redistribuer. Cependant, si vous re-distribuez les logiciels, vous devez le faire selon les mêmes conditions.

Vos données vous appartiennent ! : La Chatbot·tée participe à un avenir collectif de culture ouverte orientée vers la justice sociale et conteste les tentatives de réappropriation par la business. La grande majorité des technologies aujourd’hui reposent sur une logique extractiviste alimentée par nos données, jeux de données et métadonnées. Sachez que la Chatbot·tée ne collecte pas vos données personnelles ! Tout ce qui sera comptabilisé est la fréquence d’accès et la provenance géographique des utilisateur·trices question de nous donner une idée de qui nous visite. Les données relativement à l’utilisation du chatbot telles que l’utilisation des hyperliens ou les chemins de discussion les plus employés par les utilisateur·trices ne sont pas calculés.  

Commun numérique : La maquette du chatbot qui a été développée peut être utilisée et modifiée par les groupes de la société civile. De cette manière, la Chatbot·tée constitue une forme de commun numérique, c’est-à-dire que son architecture est réutilisable et modifiable par les actrices et acteurs de la justice sociale. Celles et ceux intéressé·es peuvent nous contacter pour avoir accès à cette maquette. Vous pourrez ainsi personnaliser le chatbot à votre goût (avec quelques efforts techniques tels que l’installation sur WordPress, la configuration du script, l’intégration Web, etc.) mais vous n’aurez pas besoin de payer pour son développement de base. L’idée derrière ce projet est de permettre aux organisations de la société civile et aux mouvements sociaux d’avoir accès à un outil émergent et de le tester dans leurs luttes respectives.

Accessibilité : Selon Elizabeth Ellcessor dans son livre Restricted Access: Media, Disability, and the Politics of Participation, « le modèle social du handicap soutient que les diversités physiques [la neurodiversité est absente de son analyse] ne sont pas la cause du handicap, mais c’est plutôt la société qui ne peut pas s’adapter aux différences produisant ainsi une expérience d’oppression » (2016, p. 3). Pour assurer une accessibilité dans l’utilisation du chatbot, celui-ci adhère aux standards du World Wide Web Consortium (W3C), incluant XHTML 1.0 et le W3C-WAI niveau 1 du guide d’accessibilité. De cette manière, nous nous efforcerons d’assurer l’accessibilité du chatbot à la grande majorité des utilisateur·trices. Vous pouvez par exemple utiliser la souris ou le clavier pour converser avec la Chatbot·tée.   

Les aspects techniques du chatbot ont été développés par Réseau Koumbit (coordination et intégration visuelle: Cadence O’Neal; développement: Mathieu Ménard), une coopérative technologique de travail basée à Montréal. Le concept et la réalisation ont été faits par Sophie Toupin participante au projet du Lab-Delta. Les images ont été réalisées par Matt Evans.

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